
Isabelle Boulin, 50 ans de création
À l'été 1978, j'ai eu l'immense bonheur d'assister au concert de Keith Jarret, « The Koln Concert », dans le sud de la France. Un frisson a pris tout mon corps et je me suis dit : « Je veux vivre ce frisson tout le temps, même lorsque je serai vieille. » C'est ce que je poursuis inlassablement, afin de calmer provisoirement mon « désespoir joyeux ».
Cette monographie est le témoin de mon existence : laisser une trace, empreinte de ce passage si court où l'urgence demeure mon leitmotiv sans répit. Elle décrit parfois « la tension d'exister », la tension de tout, même celle du repos. Cinquante années parsemées aussi bien d'états de grâce insolents que d'antalgiques thérapeutiques, intitulés « les mosaïques de la vie », en font un parcours aussi bien éclectique que radical. À chaque tranche de vie terminée, une « petite mort » a laissé place à une renaissance foudroyante. À ce jour, la peinture n'est plus un antidouleur métamorphosé dans un autre espace, celui du dérisoire, du ludique, et surtout « du mieux vivre de soi ». Comme si la vie voulait me faire vivre inlassablement.
(sous réserve de confirmation)
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